Un ami retrouvé ?

Un ami retrouvé ?

Une guerre longue, affreuse, stagnante. Pour un jeune officier élevé dans la tradition frédéricienne, le combat offre de plus en plus rarement ces élans de dépassement de soi où l'exaltation se nimbe d'un « sentiment d'irréalité ». Des hommes gisent en lambeaux, sacrifiés sur une terre travaillée par des vies secrètes indifférentes à ce que nous nommons le destin. Il s'agit d'une guerre des peuples... devenue massacre aveugle, une boucherie. À peine un quart de siècle plus tard, le même officier se bat de nouveau sur ce terrain connu. Il s'émerveille comme autrefois, à la lueur des nouveaux Orages d'acier, des « blêmes nuages d'éphémères » survolant des morts, ou la chance d'une fleur épargnée dans une fissure. La manière de se battre a encore changé. Les raisons de la guerre nouvelle également. Ernst Jünger, il a 50 ans en 1940, sous ses cicatrices et ses décorations, n'a-t-il pas lui aussi changé lorsqu'il revient en France, ce pays qu'il déplore de « blesser » ?

Des tranch ...

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À lire : Révolution aux confins, Annette Hug, traduit de l'allemand Suisse par Camille Luscher, éd. Zoé