Un ami qui vous veut du mal

Un ami qui vous veut du mal

Un romancier compose le portrait au vitriol d'un camarade d'enfance qu'il croyait mort. Grave erreur : non seulement l'homme est bien vivant, mais il décide de tuer l'auteur en le prenant au piège de la fiction.

Comment détruire un écrivain ? En retournant contre lui son art. En le prenant dans un filet tissé de vérités et de mensonges plus réels encore qu'on appelle fiction. Puis en le laissant s'y emberlificoter. Branches obscures, du Norvégien Nikolaj Frobenius, n'est pas le premier thriller où la littérature joue un rôle central : entre Le Nom de la rose et la récente Septième Fonction du langage, sont parus tant d'ouvrages sur ce registre qu'ils forment un genre à part. Mais ces fictions prennent rarement en compte la violence du geste d'appréhension littéraire - quand un auteur s'empare de vous pour vous faire personnage, vous figer dans une image. Quant à s'en servir comme d'une arme létale dans une sorte de fusillade littéraire au long cours qui voit le romancier devenir la cible d'un personnage qu'il vient d'épingler... Au fond, le roman de Nikolaj Frobenius n'est pas un thriller littéraire : c'est un authentique cauchemar d'écrivain.

Le cauchemar ...

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Grand entretien

Éric Vuillard

Éric Vuillard
« La Guerre des pauvres est une guerre qui n'est pas terminée. »