Tu seras un homme, mon père

Tu seras un homme, mon père

Il a sans doute fallu à l'auteur de Microfictions traverser mille autres vies pour enfin aborder la sienne par la racine.

« Papa ». Dans l'enfance, ce mot est l'un des premiers que nous sommes censés être capables de prononcer. Il arrive que, malgré les années qui nous aident à considérer avec sagesse tout ce qui, dans l'enfance, fut le lieu du désarroi, ce mot reste coincé, comme une arête, en travers de la gorge, et que nous soyons incapables de le dire ni même de le penser. Il aura d'abord fallu à Régis Jauffret s'enfoncer dans l'exploration du mal à l'oeuvre chez les autres (Claustria, Sévère, La Ballade de Rikers Island) ou faire d'un « je » partout et nulle part une multitude de Microfictions, pour pouvoir écrire cette apostrophe enfantine, qui, du même coup, révèle rétrospectivement, comme une photographie ne va pas sans son négatif, d'autres façons possibles de lire ses précédents romans.

On ne veut pas toujours écrire ce qu'on écrit. Parfois, le réel choisit à notre place. Le 19 septembre 2018, alors qu'il regarde un documentaire sur la police de Vichy, Régis Jauffret ...

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À lire :Divers, Pierre Guyotat, éd. Les Belles lettres, 496 p., 27 E.