Tu ne ponctueras point

Tu ne ponctueras point

Courant en poésie, le choix de ne pas ponctuer est plus atypique en prose. Il peut marquer une défiance à l'égard d'un ordre autoritaire ou restituer les mille bribes de pensée traversant une âme. Dans ce registre du flux de conscience, la déponctuation est paradoxalement devenue une convention.

Contrairement au poète qui déponctue ses vers au profit d'une unité rythmique (l'alinéa), ou qui les aponctue pour les hiérarchiser dans l'espace de la page, le prosateur qui écrit sans ponctuation adopte une position qui peut aller jusqu'à une forme de résistance à l'oppression postcoloniale (ainsi Patrick Stewart, étudiant amérindien, justifiait-il l'absence de ponctuation dans sa thèse d'université). Guyotat n'en est pas loin, dans Le Livre, long texte qui ne conserve que la virgule, mais commence et s'achève par le signe de l'infini (%26#8734;) - on vient de loin et on y retournera :

%26#8734; s%26#333;s amauroz' par excès kief, bras conchiassé jusqu' deltoïd à l'axterpation hors pluss profond tr%26#333; d' t%26#333;t l'îlot Yatchenko l'ukr%26#257;nniann' qu', evadé dexsaptann' parriçid, crân' tondu Quarant' Quatr' femm UFF qu' desput't aux put%26#257;ns rast' d' sa creniàr' blond' sur preau bagn' d'Anian', [...]

Parfois, un long trait noir, prolo ...

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Entretien

Aurélie Charon © S.Remael/Ed. L’Iconoclaste

Aurélie Charon
Autrice de C'était pas mieux avant, ce sera mieux après (L'Iconoclaste)

Nos livres

NUAGE ORBITAL, Taiyô Fujii, traduit du japonais par Dominique et Frank Sylvain, éd. Atelier Akatombo

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