Trop beau pour être vrai

Trop beau pour être vrai

Paul Valéry se méfiait des effets de style : la plupart des écrivains ne seraient que des faussaires ou des camelots. Il mordait ainsi « la main de Pascal » avec rage, jugeant le désespoir de celui-ci simulé. Paulhan et Blanchot furent les seuls à dénoncer ce mauvais procès.

Si grand poète qu'il fût, Valéry avait une façon curieuse de lire : il se replaçait toujours au moment de la rédaction des chefs-d'oeuvre, réclamant sa place au bureau des autres écrivains. Et là, quel spectacle affligeant ! Il voyait leur main raturer quelques mots, reprendre une hyperbole, prolonger une allitération - polir toutes les phrases jusqu'à les rendre plus profondes et plus belles. De telles méthodes l'offusquaient. « Ce qui caractérise une littérature de décadence, c'est la perfection - ce sont les perfections. Et il ne peut en être autrement. C'est l'habileté croissante ; et toujours plus d'esprit, plus de sensualité, plus de combinaisons, plus de dissimulation des pénibles nécessités ; plus d'intelligence, de profondeur ; et en somme plus de connaissance de l'homme, des besoins et des réactions du sujet lecteur, des ressources et des effets du langage, plus de maîtrise de soi-même, - l'auteur 1. » Ce dégoût que Valéry ressentait devant la littérature n'était pas neuf ...

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Entretien

Photo : Frantz Olivié © DR

Frantz Olivié :
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