Trois soldats de plume

Trois soldats de plume

Les personnages de Hubert Mingarelli marchent en bordure d'une souffrance secrète. C'est un remords, un deuil, un bonheur perdu, un « grand chagrin », une faute commise par erreur ou par hasard, trop douloureuse pour être dite. Comme ils ne sont pas du genre à se lamenter, et puisque nommer, disait Duras, c'est condescendre, c'est déchoir, ils grillent des cigarettes, pissent devant les étoiles, écoutent siffler le vent, frémir l'eau de fleuves où dansent des ténèbres à la Conrad. Cette poétique de l'ellipse, qui court depuis une dizaine de romans, de La Dernière Neige à Quatre soldats prix Médicis 2003, se fraye un nouveau chemin dans L'Année du soulèvement, où, dans un pays indéterminé, deux soldats conduisent un captif en haut d'une montagne. Le reste de l'armée victorieuse doit venir le chercher pour le juger. Mais la troupe tarde, et le prisonnier attend un sort qu'on devine peu enviable. Là n'est pas l'essentiel. Piégés dans une poche du temps, les trois hommes se mesurent, éc ...

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Entretien

Photo : Frantz Olivié © DR

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