Transe sibérienne

Transe sibérienne

C'est un train au nom romanesque : le Baïkal-Amour Magistral, qui, connecté au plus illustre Transsibérien, va cahoter plus au nord sur cinq mille kilomètres - soit cinq semaines à soixante à l'heure. L'auteur de L'Invention du monde a embarqué dans ce train fantôme, traversant un paysage lourd d'histoire et aujourd'hui en déréliction, où flottent des âmes tour à tour résignées et vaillantes.

L'éditeur, réputé pour cela (Paulsen), le titre (Baïkal-Amour), le bandeau (« Dans l'autre Transsibérien »), la collection (« Démarches »), le genre (récit), forment un bouquet de fortes présomptions, sinon de preuves, que nous avons là l'oeuvre d'un éminent représentant d'une catégorie de littérateurs appréciés, étiquetés « écrivains-voyageurs ». Oui, sauf qu'Olivier Rolin est l'un des romanciers les plus importants de sa génération, l'auteur de Port-Soudan, de L'Invention du monde, Tigre en papier, Un chasseur de lions, Veracruz, Le Météorologue, et de bien d'autres, accompagnés dans votre bibliothèque par des essais et des récits qui bordent l'oeuvre d'un grand écrivain.

Tigre en papier a Paris pour décor et la gauche prolétarienne pour histoire et pour ironie, les autres romans parcourent les continents, s'enracinent dans la grande histoire et disent nos amours d'un jour, et de toujours. L'Invention du monde fait en vingt-quatr ...

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« Je reste roi de mes chagrins », Philippe Forest, éd. Gallimard