Toutes les voix possibles du roman

Toutes les voix possibles du roman

La fiction, chez Diderot, ne se réduit pas à illustrer ses théories : il s'agit d'en expérimenter la productivité à travers tous les genres, masculin ou féminin, tragique ou comique...

« Par un roman, écrit Diderot dans son Éloge de Richardson, paru dans le Journal étranger de janvier 1762, on a entendu jusqu'à ce jour un tissu d'événements chimériques et frivoles, dont la lecture était dangereuse pour le goût et pour les moeurs. » Et, pour mieux chanter les mérites de l'auteur anglais de Paméla ou la Vertu récompensée (1740) et de Clarisse Harlowe (1748), il s'en prend à la tradition du récit d'aventures. De même que, contre les formes classiques de la tragédie et de la comédie, il prône un nouveau théâtre, il oppose aux péripéties et autres rebondissements romanesques l'histoire pathétique et morale : « Je voudrais bien qu'on trouvât un autre nom pour les ouvrages de Richardson, qui élèvent l'esprit, qui touchent l'âme, qui respirent partout l'amour du bien, et qu'on appelle aussi des romans. »

Le voeu de Diderot ne sera pas exaucé. Le roman qui s'épanouit au XVIIIe siècle est une forme polymorphe irréductible à tout sc ...

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