"Tout reprendre à zéro"

"Tout reprendre à zéro"

Où il est question du désarroi de la gauche, d'écologie, d'humanisme, de cosmopolitisme. Et de la nécessaire transformation du monde.

Raphaël Glucksmann. - Je voudrais commencer par évoquer le désarroi d'une génération, la mienne. Nous sommes les enfants de la crise des grands récits politiques. Les générations précédentes nous semblent être nées dans un univers saturé de sens, de dogmes, de mythes. Il y avait le récit national, le récit révolutionnaire, des structures collectives englobantes, enveloppantes comme les partis de masse, les syndicats, les Églises, les chapelles intellectuelles même... Ces récits ont périclité, ces structures ont dépéri. Nous sommes, en 2017, des individus ultraconnectés grâce à la technologie, et pourtant très solitaires, privés d'horizon collectif. Ce vide qui nous habite, le ressentez-vous aussi ?

Edgar Morin. - Oui ! Je le ressens, et j'ai même passé ma vie à l'explorer. J'ai acquis très tôt cette conscience du vide, à un moment où la mode était encore aux dogmes. Je sentais que tout vacillait autour de moi quand tout semblait encore solid ...

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À lire : « Le froid, roman en trois actes avec entractes », Andreï Guelassimov, traduit du russe par Polina Petrouchina, éd. Actes Sud

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NOVEMBRE :

 Dominique Bourg contre le « fondamentalisme de marché » : complément de l'article « Réchauffement politique »

► Version longue de l'entretien avec Yann Algan : le co-auteur de l'essai Les Origines du populisme analyse la montée de la défiance envers les institutions dans notre dossier « Cas de confiance »

► Paradoxale promesse : critique du dernier essai de Vincent Peillon