Tous ces peuples en nous

Tous ces peuples en nous

Jimmy P. d'Arnaud Desplechin et Tip top de Serge Bozon, deux films qui s'aventurent à la croisée des inconscients individuels et collectifs.

Pour Gilles Deleuze, la psychanalyse a le tort d'enfermer l'inconscient dans le théâtre de papa-maman : selon le philosophe, on délire toujours le monde dans son ensemble, avec sa géographie, ses peuples, ses langues. Or voici deux adaptations de livres qui, si dissemblables soient-elles, sont travaillées par cela - comme un inconscient du planisphère, une dérive des continents intérieurs et extérieurs, d'incessants transferts et contre-transferts à l'échelle des crânes comme du globe.

Le Jimmy P. d'Arnaud Desplechin suit, au début des années 1950, dans un centre de l'armée américaine, la psychanalyse d'un Indien Blackfoot (Benicio del Toro), vétéran de la Seconde Guerre, par un Juif hongrois devenu français (Mathieu Amalric). Le film est tiré du livre où le bien réel Georges Devereux retranscrit ses séances quotidiennes avec Jimmy Picard, alcoolique et victime de violents malaises sur lesquels aucun traitement n'a prise. Disparu en 1985, Devereux, à la fois anthropo ...

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