Touche pas à ma culture

Touche pas à ma culture

Lancé en 1978 par l'Américano-Palestinien Edward Said dans L'Orientalisme, le débat sur « l'appropriation culturelle » prend aujourd'hui, entre réflexion féconde et essentialisme racial, une ampleur inégalée.

En 2016, Jonathan Franzen déclarait à un journaliste n'avoir jamais écrit de livre sur la question raciale parce que, « c'est une confession embarrassante, je n'ai pas beaucoup d'amis noirs. Je n'ai jamais été amoureux d'une femme noire. Je crois que, si c'était le cas, j'oserais ». Son manque d'« expérience directe » l'empêchait donc d'imaginer un personnage d'une autre race que la sienne. Il se soumettait à une injonction grandissante de l'époque, façonnée à force de scandales répétés : créer dans la limite de son identité, « rester dans [son] couloir », comme l'écrit Zadie Smith dans le texte ci-contre. Est-ce vraiment ce à quoi condamne la notion d'« appropriation culturelle » ?

Le Cambridge Dictionary définit le terme ainsi : « prendre ou utiliser des éléments d'une culture différente, sans montrer que l'on comprend ni respecte cette culture ». Difficile d'en faire la généalogie : le terme s'est répandu dans les milieux universitaires américains dans les années ...

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À lire :Divers, Pierre Guyotat, éd. Les Belles lettres, 496 p., 27 E.