Toni Morrison, Love

Toni Morrison, Love

On lira dans Love l'incantation de voix narratives furieuses ou séductrices qui se disputent l'héritage de Bill Cosey, propriétaire d'un hôtel de la Côte est où venait en villégiature toute la bourgeoisie noire qui voulait s'amuser. C'était avant le mouvement pour les droits civiques et l'émancipation. Puis l'hôtel s'est vidé, Bill Cosey est mort, laissant un testament arraché à une nappe de papier, sa femme Heed the Night et sa petite-fille Christine, qui ont le même âge, cohabitent en se haïssant, et une fille des rues, au pied mutilé mais à la souplesse sexuelle de féline, Junior, déboule dans cette tragi-comédie. Il y a peut-être moins de violence que dans d'autres romans de Morrison. Il y a une tendresse, une caresse, un velouté des mots, une lucidité aussi sur les êtres humains.

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À lire : « Le froid, roman en trois actes avec entractes », Andreï Guelassimov, traduit du russe par Polina Petrouchina, éd. Actes Sud

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