Tomi Ungerer, une fin d'ogre

Tomi Ungerer, une fin d'ogre

L'un des plus grands dessinateurs et auteurs jeunesse est mort en février dernier.Livres et expositions rappellent combien il était un monstre de la littérature et de l'art graphique, des albums pour enfants à la pornographie, en passant par la caricature.

le dernier ogre est mort : Tomi Ungerer a expiré le 9 février dernier, à 87 ans, à Cork, en Irlande, où il vivait depuis quarante ans. L'Alsacien connaissait les chemins qui menaient aux anciennes forêts d'aulnes et de chênes, celles où prospèrent les fougères de l'indicible, celles où les frères Grimm cueillaient autrefois, comme des champignons, leurs contes atroces et merveilleux. Fils d'un horloger (père adoré qu'il perdit à trois ans), le père des Trois Brigands et de Jean de la Lune avait aussi grandi à l'ombre des gargouilles gothiques de la cathédrale de Strasbourg, pris en étau entre l'occupation nazie puis la sévérité d'une République française intraitable avec l'usage de l'alsacien, quand c'était le français qui était proscrit quelques années plus tôt. Fondatrice conjonction de l'arbitraire et du transfrontalier, des interdits et de l'entre-deux. Son proviseur relèvera chez l'élève insoumis une « originalité voulue perverse et subversive ».

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« Amazonia », Patrick Deville, éd. du Seuil