Tombeau du « soldat sans regard »

Tombeau du « soldat sans regard »

Jérôme Garcin rend grâce à la sidérante force vitale de Jacques Lusseyran, grand résistant aveugle, grand amoureux, écrivain plus dispensable, devenu après guerre un enseignant itinérant en Amérique.

Le Voyant : c'est par cet antonyme que Jérôme Garcin rappelle à notre souvenir le grand résistant aveugle Jacques Lusseyran. Pas de référence à Rimbaud ici, mais à la perception que développe un enfant de 8 ans qui perd ses yeux en se fracassant la tête sur son pupitre d'écolier et qui découvre ce qu'il appelle « le regard intérieur ». Il fera de sa cécité un formidable instrument de résilience. « Elle est mon plus grand bonheur », écrira-t-il dans son autobiographie, Et la lumière fut. Fou de joie, il s'exclame : « On ne m'avait rien dit de ce rendez-vous de l'univers chez moi ! »

Rien ne le dispose à fonder, à 17 ans, le mouvement des Volontaires de la liberté. Il assiste à Louis-le-Grand aux cours de Jean Guéhenno sans savoir qu'il est Cévennes, ni Jean Bruller, Vercors. Une lettre d'Abel Bonnard lui ferme les portes de la rue d'Ulm, en vertu d'un décret qui interdit aux aveugles et à tous ceux dont le corps « n'est pas entier » l'accès à l'enseignement ...

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« Je reste roi de mes chagrins », Philippe Forest, éd. Gallimard