Tigre ou chaton

Tigre ou chaton

Le redoutable politicien rentreses griffes lorsqu'il écrit au peintre des Nymphéas.

C'est habituellement la grande affaire des correspondances publiées : exposer un match de tennis, un échange virtuose où les deux parties se renvoient la balle des débats esthétiques ou politiques. Celle entre Claude Monet et Georges Clemenceau dévoile davantage l'homme politique frappant face à un mur : la « passion de Clemenceau, rétif ostensiblement à tout risque de narcissisme, a fait disparaître presque toutes les lettres qu'il a reçues de Monet », note Jean-Noël Jeannenay. De ce fait, « Monet se lit en creux » et Clemenceau offre quelques reliefs inattendus. Oubliez le « Père la victoire », l'autoproclamé « premier flic de France » ou encore « l'agressivité pure, gratuite, incongrue - à l'état natif » de « cette personnalité aux arêtes tranchantes comme un rasoir », décrite par Julien Gracq dans Lettrines : ici « le Tigre » est un chaton miaulant d'admiration entre les pattes du peintre.

Dévoilant son talent, Clemenceau joue à malaxer les figures imposées de l' ...

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