Thirlwell, prodige du cabotinage

Thirlwell, prodige du cabotinage

L'Anglais Adam Thirlwell a été proclamé petit génie dès son premier roman, Politique. Quelque dix ans après, il poursuit en vitesse de croisière, toujours aussi brillant mais se reposant un brin sur ses lauriers.

Ouvrir le nouvel Adam Thirlwell et se retrouver dans une chambre d'hôtel, auprès d'une blonde nue et endormie, après une nuit d'excès en tout genre, c'est un peu comme engager la conversation avec un ami qu'on avait perdu de vue et découvrir qu'il n'a pas du tout changé : on l'écoute, amusé (c'est un garçon marrant, brillant), en même temps qu'on se demande s'il finira un jour par grandir. Soit, en termes littéraires, à construire ailleurs que sur le territoire balisé des sourires en coin, du sexe et de la vacuité de l'existence. Le début du roman laissait pourtant espoir : après un petit déjeuner pris en dehors de la chambre, notre héros, « dans les trente ans », regagne le lit et se penche sur la blonde mentionnée plus haut : « Romy dormait sur le ventre, et à côté de son nez, sur l'oreiller, il y avait une fine coulée noire de sang. » Formidable, pense-t-on : nous voici en plein polar loufoque, quelque chose à la Jonathan Ames, pas là où on attendait l'animal. Sauf que cela dure ...

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