L'infanticide ressuscitée

L'infanticide ressuscitée

Heiner Müller/Bouffes du Nord

Douze ans après sa première vie, la reprise d'une suffocante version du mythe de Médée, née d'une rencontre exceptionnelle entre une comédienne et un metteur en scène.

Rarissime, exceptionnel, galactique, on ne sait plus quel qualificatif apporter au spectacle qui vient : on sait déjà qu'il le sera. C'est d'abord la conjonction de quatre noms, ce qui se fait de mieux en matière de mythe (Médée), d'écriture (Heiner Müller), de mise en scène (Anatoli Vassiliev) et de jeu d'actrice (Valérie Dréville). Médée est intemporelle : elle a donné lieu à la plus féroce tragédie d'Euripide, aux ravages de Sénèque, aux variations de Hans Henny Jahnn. Müller est intempestif : il n'eut pas son pareil pour trancher dans les longueurs théâtrales et faire ressortir en peu de mots la violence machinique de héros-matériaux. Vassiliev joue au grand écart entre l'héritage et le retournement de Stanislavski, le matérialisme sadique et l'idéalisme orthodoxe, l'expérimentation charnelle et la conduite vocale. Dréville passe depuis toujours de maître en maître - Vitez, Régy, Vassiliev - pour mieux asseoir sa propre domination sur le plateau : elle traverse comme elle veut l ...

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Entretien

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