TCHEKHOV, L'UN DES PIONNIERS DU BAGNE

TCHEKHOV, L'UN DES PIONNIERS DU BAGNE

En 1890, Tchekhov séjourne trois mois dans une colonie pénitentiaire tsariste. Expérience éprouvante dont il fera un livre-témoignage.

Tchekhov ne pouvait que lever les bras au ciel, sourire tristement et montrer du doigt ce monde, d'un geste doux mais insistant. Il n'est pas resté assez longtemps à Sakhaline et, jusqu'à sa mort, il n'a pas eu l'audace d'utiliser ce matériau. » Ces propos abrupts sont de Varlam Chalamov, l'auteur des Récits de la Kolyma, camps où il a passé dix-sept ans. Chalamov ne se montre du reste pas plus tendre envers les grands ancêtres de la littérature concentrationnaire, qu'il s'agisse de Tolstoï ou même de Dostoïevski, lorsque celui-ci romance, dans Souvenirs de la maison des morts, ses quatre ans au bagne d'Omsk. Il dénonce tour à tour leur incompréhension du monde du crime et leur vision irénique de la crapule. Tchekhov, cependant, n'avait aucune intention littéraire en partant en 1890 sur l'île de Sakhaline, une colonie pénitentiaire (76 400 km2) située à l'est de la Sibérie, achetée quinze ans plus tôt par la Russie au Japon. Une terre d'injonctions contradictoires ...

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