Tartuffe au pays des Soviets

Tartuffe au pays des Soviets

Boulgakov admirait Molière, et particulièrement celui qui fut victime de la « cabale des dévots », à laquelle l'écrivain russe consacrera une pièce. L'auteur du Maître et Marguerite y projette la persécution dont il est lui-même l'objet.

Malmené dès ses débuts littéraires, inquiété, constamment éreinté, censuré, interdit d'existence éditoriale et scénique, nul plus que Mikhaïl Boulgakov 1891-1940 n'a fait la tragique expérience de la cruelle vérité déplorée par Nabokov : à savoir que « le gouvernement soviétique ne permet ni à la recherche individuelle, ni au pouvoir créateur, ni à rien qui soit neuf, original, difficile ou étrange, d'exister ». Cette rafale d'épithètes s'applique merveilleusement à Boulgakov le paria, qui possédait ces brillantes qualités, toutes irradiées par un esprit incisif et caustique aimantant simultanément satire et mystification, trivial et merveilleux, mystère et farce. D'où le climat invariablement hilarant et inquiétant de toutes ses oeuvres, leur atmosphère de réjouissante « diablerie », leur côté « rire dans la nuit ». D'où aussi, tantôt oblique, tantôt frontale, la présence constante de Molière dans ses textes. Car, incarnant déboires existentiels et génie comique, ce dernier fut, bi ...

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« La Filiale »,Sergueï Dovlatov, traduit du russe par Christine Zeytounian-Beloüs (éd. La Baconnière)

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