Talent de tueurs

Talent de tueurs

Dans Féroces infirmes comme dans Baisers féroces, il est question de l'art de tuer et de faillite collective, en Algérie pour le premier, l'autre en Italie.

Les hasards de publication suscitent parfois des rapprochements féconds. A priori, Féroces infirmes d'Alexis Jenni et Baiser féroce de l'Italien Roberto Saviano n'ont rien en commun, hors leur éditeur (Gallimard) et un élément de titre. Le premier raconte le parcours d'un soldat perdu de la guerre d'Algérie, devenu un vieillard insortable. Le second est la suite de Piranhas, où Roberto Saviano relatait l'ascension d'une bande de très jeunes délinquants napolitains qui profita de l'affaiblissement de la mafia pour prendre les rênes du trafic de drogue. Pourtant, ces deux romans se rejoignent en un point : ils racontent tous deux comment une société fabrique de la férocité ; soit volontairement, pour l'instrumentaliser à des fins guerrières ; soit parce que cette société est malade et produit des prédateurs comme un organisme déréglé produit des toxines.

Alexis Jenni et Roberto Saviano sont deux auteurs très différents. Le premier, professeur de biolo ...

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