Sylvain Prudhomme et Emmanuelle Lambert lauréats du prix Femina 2019

Sylvain Prudhomme et Emmanuelle Lambert lauréats du prix Femina 2019

Le prix Femina 2019, rendu ce 5 novembre, a récompensé Par les routes (L'Arbalète/Gallimard), de Sylvain Prudhomme, récit des trajets en zigzag d'un autostoppeur. Emmanuelle Lambert, qui signe Giono, furioso (Stock), remporte quant à elle le prix Femina essai. 

Le jury du prix Femina, créé en 1904 pour opposer au Goncourt un jury exclusivement féminin, a désigné cette année le dernier roman de Sylvain Prudhomme, Par les routes. Le prix Femina essai a quant a lui salué l'ouvrage d'Emmanuelle Lambert, Giono, furioso (Stock), récit de sa plongée dans l'œuvre de Jean Giono alors qu'elle organisait la rétrospective consacrée à l'auteur actuellement exposée au Mucem. Le Femina étranger 2019 a été attribué à Manuel Vilas pour son roman Ordesa (Sous-sol), écrivain espagnol ovationné en cette rentrée littéraire. Enfin, un prix spécial a été remis à Edna O'Brien pour l'ensemble de son œuvre. Retrouvez les critiques de ces ouvrages parues dans nos derniers numéros. 

Par les routes de Sylvain Prudhomme (L'Arbalète/Gallimard)

À quoi pense cet homme lorsqu'il gagne au petit matin la première aire d'autoroute ? Qu'y cherche-t-il sinon des rencontres éphémères fortuites ? Sinon à se retrouver lui-même et à briser la sérénité parfaite de cette famille qu'il chérit ?

Devenu le substitut domestique et greffier immobile de son ami voyageur, le narrateur écrivain sonde l'insoluble dilemme de l'inertie et du mouvement.

Lire la critique de Par les routes. 

Ordesa de Manuel Vilas (Sous-sol)

Ils étaient des parents ordinaires qui s'appliquaient à vivre des vies ordinaires dans l'Espagne de Franco, indifférents à la religion comme à la politique. Un couple modeste d'Espagnols habitant la petite ville de Barbastro, lui travaillant comme représentant en tissus auprès de commerces chiches, elle femme au foyer dont le salon soigné disait les désirs insatisfaits d'élévation sociale. Leur vie ne fut pas de l'étoffe dont sont tissés les romans. Et pourtant, leur fils, l'écrivain Manuel Vilas, les a transformés en figures nationales par la grâce d'un texte extraordinaire, qui n'exclut pas la noirceur, mais se sert d'une forme de pensée poétique pour trouver l'amour dans les recoins les plus triviaux.

Lire la critique d'Ordesa. 

Girl d'Edna O'Brien (Sabine Wespieser)

« Doyenne » de la littérature irlandaise contemporaine, Edna O'Brien a choisi, pour son dix-neuvième roman, une histoire d'exil au Nigeria, celui d'une écrivaine qui se glisse dans la conscience de l'une des étudiantes enlevées et violées par Boko Haram en 2014 (laquelle finit par s'enfuir avec le fruit de sa condition forcée, « Babby »), et l'histoire de cette fuite et de cet enlèvement, qui transforme la narratrice en rescapée. 

Lire la critique de Girl. 

Nos livres

À lire : « Le froid, roman en trois actes avec entractes », Andreï Guelassimov, traduit du russe par Polina Petrouchina, éd. Actes Sud

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DÉCEMBRE :

► Entretien avec David Djaïz, auteur de Slow Démocratie (Allary) : complément de la brève « La place de la nation »

NOVEMBRE :

 Dominique Bourg contre le « fondamentalisme de marché » : complément de l'article « Réchauffement politique »

► Version longue de l'entretien avec Yann Algan : le co-auteur de l'essai Les Origines du populisme analyse la montée de la défiance envers les institutions dans notre dossier « Cas de confiance »

► Paradoxale promesse : critique du dernier essai de Vincent Peillon