Sur la route d'Angoulême

Sur la route d'Angoulême

Huit nouveautés, sélectionnées en compétition au prochain Festival d'Angoulême, ouvrent des perspectives sur l'avenir de la bande dessinée.

Dans la beckettienne La Traversée de Clément Paurd (éd. 2024), deux soldats cherchent le front d'une guerre non datée ni située. Les militaires piétinent dans des limbes aplatis, marchent sur un fil dans des dessins sans perspective. Il n'y a pas de profondeur, mais des vertiges tout de même ; le sentiment qu'un gouffre se cache derrière la ligne d'horizon sur laquelle avancent les personnages. C'est aussi sur une crête que progressent les autres titres : entre bande dessinée classique et roman graphique, entre une conscience écologique grandissante et des hallucinations prolifiques.

Se démarque le singulier Acte de dieu de Giacomo Nanni (Ici Même). Un chevreuil vagabondant dans une zone périurbaine, le canon d'un fusil et le séisme meurtrier de 2016 dans le centre de l'Italie se relaient en tant que narrateurs. Valse de voix qui laisse peu de place aux hommes, réduits à des ombres chinoises, sombres silhouettes d'aplat noir ...

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À lire : Révolution aux confins, Annette Hug, traduit de l'allemand Suisse par Camille Luscher, éd. Zoé