STENDHALISME, BEYLISME ET HAPPY FEW

STENDHALISME, BEYLISME ET HAPPY FEW

Étudier un auteur ou s'en inspirer : deux attitudes non exclusives qui fondent le stendhalisme et le beylisme, mais qui partagent toutes deux un même amour pour Stendhal, et son oeuvre.

«To the happy few » : ce que Stendhal redoute, c'est moins de ne pas être compris que de se voir profané. Il a été jusqu'à rêver d'un « langage sacré », indéchiffrable aux non-initiés. Dès l'origine, se met en place un dispositif de filtrage exigeant, dont la stratégie va se révéler aussi efficace que rentable : présenté par son inventeur comme un apanage de l'élite, hors des vulgaires urgences de l'heure, une qualification inactuelle, éminemment distinguée - et déjà au sens où Bourdieu analyse les marqueurs de la distinction culturelle -, le beylisme postule qu'à terme 1860, 1880, 1900, 1935 il finira par susciter les êtres choisis qui s'y reconnaîtront.

Lorsqu'il s'agit de Stendhal, il ne peut s'agir seulement de littérature. Le lire, ce n'est pas se contenter de le lire, et c'est pourquoi il n'est pas un écrivain comme les autres et produit dans son sillage des phénomènes absolument spécifiques. L'idée de Stendhal Club est inimaginable pour tout autre que ...

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« Je reste roi de mes chagrins », Philippe Forest, éd. Gallimard