STENDHAL OU FLAUBERT ?

STENDHAL OU FLAUBERT ?

Stendhal et Flaubert peuvent tous deux prétendre être les fondateurs du roman moderne. Mais l'auteur de Madame Bovary a fait de la littérature une religion, quand Stendhal, lui, n'a jamais cessé de la célébrer.

Jusqu'à la fin du xviiie siècle, le roman tient de la somme, du fourre-tout. Lesage, Voltaire, Marivaux, Sade, Defoe, Fielding, Potocki : leurs romans ne consistent qu'en une suite d'épisodes. C'est que le genre romanesque constitue un genre inférieur, au-dessous du théâtre et de la poésie, genres privilégiés qui ne souffrent, eux, ni mélange ni désordre. Le roman est chargé de recueillir, en vrac, le bouillonnement, l'explosion des idées, des expériences nouvelles.

Au début du xixe siècle, on voit apparaître un type de roman opposé, le roman-confession, mise en scène de la vie privée de l'auteur : Adolphe, René, Aloys. À l'autre bout du siècle ce sera Dominique, puis, sous une forme hypertrophiée, À la recherche du temps perdu. Le besoin de se raconter à la première personne est né par réaction à l'industrialisation, au développement urbain. Panique du moi, qui a besoin de se recueillir frileusement. Le xixe siècle est aussi le siècle des carnets et des journaux intimes, d'A ...

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