Sous pseudo, forger son avatar en lignes

Sous pseudo, forger son avatar en lignes

Si l'usage du pseudonyme peut certes servir à se protéger d'éventuels scandales ou représailles, il est aussi l'occasion d'exercer son pouvoir fictionnel par-delà le texte et de transgresser les codes du jeu littéraire - comme pour Queneau ou Gary.

Que se passe-t-il lorsqu'un écrivain signe sous un nom qui n'est pas celui qui figure sur les registres de son état civil ? Pas grand-chose, pourrait-on penser. Le pseudonyme n'est qu'un nom, qui ne change rien de fondamental aux textes sur lesquels il s'appose. Monnaie courante en littérature, il y est souvent considéré comme un moyen de préserver l'anonymat d'autant plus efficace que cette absence de nom n'apparaît pas comme telle, et gagne donc en discrétion. Dans cette perspective, un écrivain prendrait un pseudonyme afin de dissimuler son nom véritable, parce que celui-ci serait relativement malséant, afin de préserver sa vie privée, ou encore pour se prémunir des conséquences néfastes (ennuis judiciaires, arrestation...) que peut générer la publication d'un ouvrage problématique sur le plan politique ou moral.

Changer de sexe, de culture, d'époque..

Ces interprétations se bornent à rendre compte de motivations extralittéraires. Si pertinentes s ...

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Entretien

Photo : Frantz Olivié © DR

Frantz Olivié :
« La financiarisation du livre est en train de produire une culture d'aéroport inepte »

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