Souffrances en barres

Souffrances en barres

Avec acuité mais sans cruauté, l'auteur italienne suit des destins perdus dans la banlieue de Bologne.

il est des lieux dont on ne part jamais. Silvia Avallone le sait bien, elle qui a grandi dans les cités italiennes et ne cesse d'y revenir en roman. Pour raconter des histoires de gens qui se débattent dans leur prison de béton et de complexes sociaux. Les personnages de son premier roman, D'acier, avaient au moins la mer - cela se déroulait dans une cité érigée en bord de plage par une municipalité communiste. Ceux des Lombriconi - la cité vermiforme de La Vie parfaite - vivent entourés de chantiers inachevés. Pour la bonne société de Bologne, ils sont des bolofeccia : de la racaille, pour rester poli. Ils viennent de familles où le père est absent. Où les filles répètent les erreurs de leurs mères - s'éprendre d'un beau délinquant local, tomber enceinte, arrêter le lycée et passer le reste de sa vie à survivre en se distrayant au spectacle des malheurs d'autrui. Alors, quand Adele, 17 ans, attend un enfant du beau Manuel, même âge, c'est toute ...

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Entretien

Photo : Frantz Olivié © DR

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