Soudain l'été 1904

Soudain l'été 1904

La Comédie-Française présente Les Estivants de Maxime Gorki qui  voulait « peindre cette partie de l'intelligentsia russe qui est issue du peuple mais qui, du fait de sa promotion sociale, a perdu tout contact avec les masses populaires, oublié les intérêts du peuple et la nécessité de lui frayer un chemin. » Du 7 février au 25 mai.

On connaît la musique. Une ou plusieurs datchas, l'été, une vingtaine de personnes qui se retrouvent, discutent, médisent, dissertent ; l'amour fuit ou prospère, le désespoir menace, le monde change, et avec lui les mentalités. Les repères s'évanouissent, d'autres apparaissent, instables, menaçants. La forêt russe, au tournant du siècle, est un puissant laboratoire théâtral, réaliste et subjectif, tragi-comique. Tchekhov l'instaure, Gorki le prolonge, avec un peu moins de délicatesse, plus de décision. Nous sommes en 1904, quelques mois avant le « Dimanche rouge », un an avant le Potemkine. Tchekhov meurt. Gorki écrit Les Estivants. Les personnages appartiennent à ces nouvelles classes sociales que l'ouverture à l'Occident rend moins pauvres, auxquelles elle donne de l'espoir et de la cruauté. Il y a ici, comme dans une pièce antérieure de Gorki ainsi titrée, des « petits-bourgeois » en mal d'autorité, mais aussi des « intellectuels » : un ingénieur, un médecin, u ...

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« Je reste roi de mes chagrins », Philippe Forest, éd. Gallimard