Son « démon de la perversité »et son « amour pour Ruskin »

Son « démon de la perversité »et son « amour pour Ruskin »

Depuis 1899, Proust se passionne pour le poète et critique John Ruskin, sur lequel il a beaucoup écrit.

C'est encore moi, je suis confus, je vous demande bien pardon. Mais quand on commence à parler des choses du coeur - et surtout des rares choses de l'esprit qui sont aussi des choses du coeur - on n'a jamais fini de dire ce qu'on voudrait. Tout de suite après vous avoir écrit - si inutilement - « par démon de la perversité » ? - j'ai eu des remords. Et tout à l'heure lisant un voyage de Ruskin, sentant mon coeur battre du désir de revoir les mêmes lieux, je me dis, « si je ne l'aimais plus, m'embellirait-il encore l'univers, jusqu'à me consumer de désir et de regret en face d'un indicateur des chemins de fer ?» Oui mon amour pour Ruskin dure. Seulement quelquefois rien ne le refroidit comme de lire Ruskin. Mais y a-t-il un amour que la présence de ce qu'on aime n'affaiblisse ? Ah ! monsieur que tout cela est peu intéressant pour vous, comme je vous supplie de me pardonner, vous promets de ne plus recommencer, et compte que vous annulerez tout simplement ces paroles qui avaient besoi ...

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