Simon, piéton de Manhattan

Simon, piéton de Manhattan

Qu'est-ce qu'un «oeil d'écrivain» ? C'est le regard de Claude Simon que l'essayiste Lucien Dällenbach, voilà trente ans, s'est efforcé de capturer, une semaine durant, alors que le romancier séjournait à New York.

Une ville qu'après lecture on serait tenté de décrire comme une métonymie architecturale de l'oeuvre de Claude Simon. L'ouvrage commence par une comparaison qui unit la cité américaine, le magasin d'antiquités de La Peau de chagrin de Balzac et le discours de réception de l'écrivain au prix Nobel, où il revient sur les divers épisodes de sa vie. Un magasin où se trouve tout ce qui a été fabriqué, une ville où tout cohabite, une existence formée d'épisodes divers... Partout des fragments qui aspirent à former une complétude. Cette nature fragmentaire, la ville la porte haut dans sa skyline (la ligne dessinée par les sommets des immeubles) qui émerveille Claude Simon : une harmonie tout en ruptures. Elle l'affiche aussi dans ses façades : quand Dällenbach voit Simon fasciné par la coexistence des styles architecturaux sur un même immeuble, il établit aussitôt le lien entre cet hétéroclisme et celui de l'auteur, capable de faire coexister les extrêmes. Simon ne pouvai ...

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