Simon Leys, de Mao à Proust

Simon Leys, de Mao à Proust

Sinologue exemplaire, Simon Leys a été le grand contempteur du régime de Mao. Il se livre aujourd'hui à une méditation iconoclaste sur la littérature.

Simon Leys est un personnage inclassable. Comme avant lui Victor Ségalen, il est l'un des meilleurs connaisseurs de la Chine dont il aime infiniment le peuple et les coutumes, mais dont il exècre le régime. Les Habits neufs du président Mao - paru en 1971 et aujourd'hui réédité avec quatre autres de ses titres dans la collection Bouquins de Robert Laffont, l'ensemble formant une oeuvre brève et dense - portait pour la première fois à la connaissance du monde les crimes commis par le « grand Timonier », dont Leys dénonçait, références à l'appui, avec des manières d'entomologiste, les manoeuvres autocratiques. Récit sobre, impassible, dissipant les brouillards idéologiques, révélant les vagues d'épuration et l'établissement progressif d'un univers quasi orwellien. L'auteur illustrait cette folie par une fameuse anecdote : l'histoire d'un technicien demandant sa mutation car « le fait d'être éloigné de sa famille l'affectait mentalement d'une façon qui entravait le plein dével ...

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Entretien

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