Silence, Beckett tourne

Silence, Beckett tourne

L'unique film (muet) de Beckett, avec Buster Keaton, sort en DVD, assorti d'un documentaire sur sa genèse et sa réalisation.

On dirait la rencontre de deux superhéros du dénuement qui, si proches, se neutralisent à la perfection. En 1964, Samuel Beckett et Buster Keaton se voient à New York. Première et dernière fois que l'écrivain sort d'Europe. Son éditeur américain, autrefois producteur, lui a proposé de concevoir un court métrage. Alors Beckett a écrit un projet de film, et il l'a appelé Film. Il sera muet, en noir et blanc, et tourné à New York. Il n'y a qu'un rôle principal. Après le refus de Charlie Chaplin, on se tourne vers Buster Keaton. Beckett lui demande s'il a des questions. « Non. » Qu'a-t-il pensé du projet ? Que « c'était pénible et désespérant ». Mais c'est OK. Fidèle à son personnage de casse-cou entêté, il va avec discipline, sans discuter, se plier à l'absurde course-poursuite de Film : durant vingt minutes, l'homme qu'il incarne s'échine à fuir tout regard extérieur, et avant tout l'oeil de la caméra. Loin de donner des directives, Beckett, assisté d'un jeune réal ...

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À lire :Divers, Pierre Guyotat, éd. Les Belles lettres, 496 p., 27 E.