S'il n'en reste qu'un...

S'il n'en reste qu'un...

Comment représenter la mort de l'humanité s'il ne reste plus personne pour l'observer ? Le « dernier homme » répond à cette nécessité du récit tout en instillant que nous sommes peut-être déjà seuls au monde. Brève histoire d'un motif apparu en France au lendemain de la Révolution.

Le « dernier homme », souvent présent dans les fictions de la fin du monde, qu'il en soit le narrateur ou qu'il focalise un récit à la troisième personne, possède une fonction narrative évidente. Mais il a un autre intérêt : c'est à lui que revient de donner sens à l'événement sans exemple qu'il observe. À travers son récit, il fait comprendre et ressentir ce à quoi aucun autre être humain n'aura assisté. Personnage moderne, il ne pouvait apparaître que sur les ruines du christianisme, quand l'Apocalypse eut cessé de fournir le seul modèle de la fin des temps. Sa première occurrence se trouve dans Le Dernier Homme, une épopée en prose de Jean-Baptiste Cousin de Grainville, publiée en 1805, profondément religieuse, mais intrinsèquement moderne en ce qu'elle est traversée par l'histoire. Michelet en écrit que « de tous les livres d'alors [c']est le plus historique, en ce sens qu'il donne avec une vérité profonde l'âme même du temps, sa souffrance, sa sombre pensée ». ...

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