Seuls sur une île

Seuls sur une île

Fin analyste du monde du travail, l'auteur suit ici trois personnages échoués à la lisière de la société.

Est-ce un roman, ou trois ? La question se pose car Thierry Beinstingel entrelace trois histoires, apparemment sans rapport entre elles. Le texte qui en résulte est efficace, proche de la structure d'une série télévisée, avec des chapitres courts qui relancent sans cesse l'intérêt. La caméra, si l'on peut dire, suit donc trois héros : une prof un peu lasse qui donne des cours dans une association pour marginaux ; une étudiante payée au noir pour nourrir un gosse à moitié fou enfermé dans un studio crasseux ; un chômeur qui accepte un job au bout du monde, gardien d'une station de pompage à l'abandon. Trois situations limites, trois personnages au bord de la rupture, trois variations sur le même thème, la dérive vers les frontières du monde ordinaire, la désocialisation, le fait de disparaître des radars et des yeux d'autrui, de la société, du système. L'échouage sur l'île déserte.

Il y a une forte conscience sociale dans ce livre, comme toujours chez l'auteur, atte ...

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