Ses deux « chères femmes »

Ses deux « chères femmes »

L'une est l'épouse, l'autre la maîtresse. D'une situation classique dans la France bourgeoise du XIXe siècle, Alexandrine Zola et Jeanne Rozerot vont donner une version inédite et généreuse.

Jeudi 4 juin 1908. Une silhouette très droite, enveloppée de voiles noirs, s'avance vers le catafalque dressé au milieu du Panthéon. À quelques pas, une autre femme en noir, accompagnée de deux adolescents : Alexandrine Zola a voulu que Jeanne Rozerot et ses enfants, Denise et Jacques, soient à ses côtés lors de la cérémonie officielle. La veille, les cris d'« À bas les Juifs ! À bas Zola ! », hurlés par une foule menaçante, ont retenti tout au long du chemin suivi par le cortège. Le jour même, Louis Grégori, un rédacteur du journal de droite Le Gaulois, a tiré sur Alfred Dreyfus. Quelques mois plus tard, on interdira l'accès du caveau à Mme Zola, par mesure de sécurité. Elle n'y retournera que pour l'anniversaire de la mort de son mari, toujours accompagnée de Jeanne Rozerot et de ses enfants. Il lui a fallu du temps, c'est vrai, pour accepter l'autre femme ; il lui a fallu de l'audace, du courage même, pour l'imposer aux yeux de tous, face à l'histoire. Elles sont les deu ...

Pour lire l’intégralité de cet article
EN REGARDANT LA PUBLICITÉ D'UNE MARQUE

Entretien

Photo : Frantz Olivié © DR

Frantz Olivié :
« La financiarisation du livre est en train de produire une culture d'aéroport inepte »

Nos livres

À lire : Poésie, etc., Guy Debord, éd. L'Échappée, « La Librairie de Guy Debord », 528 p., 24 E.

Supplément web

Chaque numéro du Nouveau Magazine littéraire est complété d'articles en accès libre à lire sur ce site internet. 

MAI :

► Roberto Bolaño, et de deux : en complément de l'ensemble « Il faut relire » consacré à l'écrivain

► Entretien avec Jacopo Rasmi : avec Yves Citton, il signe l'essai Générations collapsonautes