Se réinventer en étrangère

Se réinventer en étrangère

L'essayiste et psychanalyste Julia Kristeva a connu Barthes dès son arrivée à Paris, en 1965. Recueil de fragments d'une amitié féconde.

Avec « L'étrangère », article publié dans La Quinzaine littéraire en 1970, Roland Barthes a peut-être offert l'un des plus beaux portraits qu'il ait faits, conférant à une contemporaine un rôle qu'il ne confiait jusque-là qu'aux morts. Il parle de la déflagration ouverte par votre puissance de déplacement. Il écrit : « Julia Kristeva change la place des choses [...] ; ce qu'elle déplace, c'est le déjà-dit, c'est-à-dire l'insistance du signifieé, c'est-à-dire la bêtise ; ce qu'elle subvertit, c'est l'autorité, celle de la science monologique, de la filiation. » Quelle fut votre rencontre avec lui ?

Julia Kristeva. - Lorsque je suis arrivée à Paris à la veille de Noël, en 1965, avec une bourse du gouvernement français, Tzvetan Todorov m'a dit d'aller voir Lucien Goldmann, mais m'a déconseillé d'aller voir Barthes, car son marxisme n'était pas assez orthodoxe pour quelqu'un qui, comme moi, venait d'un pays communiste. Aimant faire ce q ...

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Entretien

Photo : Frantz Olivié © DR

Frantz Olivié :
« La financiarisation du livre est en train de produire une culture d'aéroport inepte »

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