Se jeter à corps perdu

Se jeter à corps perdu

Après avoir transfiguré les derniers jours de Gustave Courbet, David Bosc donne voix à une jeune femme défenestrée, danseuse aussi ardente que tourmentée. Encore une fois un texte de peintre.

De la littérature comme plongeoir... Chez David Bosc, on entre dans les livres par un saut de l'ange. De préférence nu, le nez au vent et les sens en alerte. De même que l'on se ruait à l'eau avec le Courbet vieillissant de La Claire Fontaine, son précédent livre, de même on s'élance avec Sonia A., jeune artiste espagnole de Mourir et puis sauter sur son cheval. D'abord par la fenêtre, depuis laquelle la demoiselle se jette sans une once d'hésitation ; puis sur le cheval fou de sa pensée, déployée bride abattue dans les pages d'un étrange journal, découvert post mortem.

Pour nous encourager au saut, l'écrivain peut compter sur un double atout : un style saisissant, léché, mi-souple, mi-aiguisé, et le génie décisif des incipit. De l'entrée en scène de Courbet, on se rappelle le gros « corps fatigué », la « pelletée de cendres » des cheveux et « l'écharpe bleue de la pipe », comme une invite à lui emboîter l'effluve. Dans Mourir et puis ...

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