Scènes infernales

Scènes infernales

Flaubert considérait le Faust de Goethe comme « le démesuré chef-d'oeuvre ». Il en reprend la forme dramatique dans La Tentation de saint Antoine . De la mise en scène des visions infernales.

Montre-moi ton royaume ? dis-je à Satan. - Le voilà ! - Comment donc ? Et Satan me répondit : - C'est que le monde, c'est l'enfer ! »

Flaubert a quatorze ans quand il écrit Voyage en enfer , en 1835. Son Satan romantique fait planer dans les airs le héros qui, du balcon du ciel, regarde les péchés et les fléaux de la terre. Spectacle connu : fratricide, folie des sages, temples en ruines. « C'était un siècle de sang ». Mais Satan a promis au héros de lui montrer son royaume. Où est donc son enfer ? Le mot de la fin pose une équation carrée : l'enfer, c'est notre bas monde. Il ne faut pas chercher le lieu du châtiment dans un ailleurs spatial ou temporel, après la mort et sous terre : il est bien ici, en surface, et maintenant. Pour en découvrir toute l'étendue, il suffit de prendre du recul, ou plutôt de l'envol, jouir d'une position de surplomb sur les ailes hospitalières de Satan.

Ainsi l'enfer est-il toujours en bas, au-dessous, conformément ...

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