Samuel Beckett, acte II

Samuel Beckett, acte II

Dans le deuxième tome de sa correspondance, l'écrivain préfère esquiver ou bêcher plutôt que théoriser.

Été 1948 : Beckett écrit à un ami depuis l'Irlande, où il rend visite à sa famille. Cela fait dix ans qu'il a choisi de s'installer à Paris, dont la guerre l'a pour longtemps éloigné : « Je vais déjeuner, puis aller me promener sur les longues pentes vertes, d'où enfant je voyais par temps clair les montagnes du pays de Galles. À la nuit tombante mon père, pour s'amuser, mettait feu au genêt. Je boirai quelques pintes dans les auberges de la montagne, [...] et le soir viendra enfin, et la mer qui s'allume, le port, la ville, les promontoires. Paysage romantique mais promeneur bien sec. » La sécheresse du promeneur est-elle un motif de plainte ou un parti pris qu'il oppose à la tentation lyrique ? Les deux. Moins d'un mois après, Beckett se tape sur les doigts. « L'erreur, la faiblesse tout au moins, c'est peut-être de savoir de quoi on parle. À définir la littérature, à sa satisfaction, même brève, où est le gain, même bref ? De l'armure que tout ça, pour un combat exécrable. [...] ...

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Éric Vuillard

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« La Guerre des pauvres est une guerre qui n'est pas terminée. »