ROM@NS ÉPISTOL@IRES

ROM@NS ÉPISTOL@IRES

Depuis près de dix ans, de nombreux romans intègrent le courriel comme élément de leur intrigue. Jeux sur l'identité, le temps, le graphisme, ces livres reproduisent les inventions du roman épistolaire - sauf quand ils se déploient directement sur Internet.

Le roman est une formidable machine à s'approprier la nouveauté. Le roman épistolaire n'est pas différent. Après s'être nourri de la lettre, du pneumatique, du télégraphe, du téléphone, du minitel et de la télécopie, le voilà qui accueille le courriel, la messagerie instantanée le tchat ou clavardage et le SMS le texto.

Il est devenu banal d'évoquer la présence de courriers électroniques dans des romans qui ne relèvent pas du genre épistolaire. On en trouve chez la Marie Desplechin de Dragons 2003, le Saul Bellow de Ravelstein 2000, le Frédéric Beigbeder de 99 francs 2000 ou le Douglas Coupland de Microserfs 1995. Du Journal de Bridget Jones d'Helen Fielding 1996 au Problème avec Jane de Catherine Cusset 2001, le courriel est partout.

Les premiers romans à se servir de ce mode de communication de façon soutenue ont souffert de ce que le médiologue Jacques Perriault appelle « l'effet diligence ». Au moment de l'invention du chemin de fer, on n'a pas su tout de suite quo ...

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Ceux qui restent, Benoît Coquard, La Découverte, 280 p., 19 €.

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