Roman policier : on ne joue plus !

Roman policier : on ne joue plus !

Un simple jeu d'énigmes, le récit policier ? Ou de massacre, lorsqu'il se fait roman noir ? Peut-être, mais un jeu très sérieux, puisqu'il révèle les conventions de la littérature tout entière, lorsqu'il ne les violente pas.

En 1839, Poe ouvrait le premier récit policier, « Double assassinat dans la rue Morgue », par une théorie du jeu de dames. Pas d'essai sur le roman policier qui n'ait recours aux métaphores du puzzle, du jeu d'échecs, du kaléidoscope ou du go. Mais pas de réflexion non plus sur une certaine idée de la littérature qui ne l'exprime selon sa dimension fondamentalement ludique : jeux de langage, jeux avec les formes et les codes, jeux du lecteur avec le texte, de l'auteur avec les conventions, avec la bibliothèque qui le précède et sans cesse réécrite. Plus la formule du roman policier semble normée par les attendus du genre - qu'on le prenne du côté de l'énigme et de la détection ou du polar - et plus l'appel au jeu se fait sentir. Subvertir, défaire et refaire les formes par lesquelles se reconnaît, et par là même s'invente, le texte comme espace ludique. De La Méprise de Nabokov à La Disparition de Perec, la place centrale du roman policier dans la pensée de la litt ...

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Entretien

Photo : Frantz Olivié © DR

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