Roman, la nouvelle vague réactionnaire

Roman, la nouvelle vague réactionnaire

De Michel Houellebecq à Aurélien Bellanger, plus que jamais, le roman français interroge la politique. Plus que jamais pourtant il est tourné vers le passé. Nostalgie postmoderne ou révolution réactionnaire ? La littérature contemporaine s'inscrit dans cette tension.

I. La situation de la littérature française n'a jamais été si paradoxale. En novembre dernier, le site Slate rapportait le cas d'une professeur de français se faisant taper sur les doigts par sa hiérarchie parce qu'elle faisait « trop lire » ses élèves et risquait du même coup de leur faire « adopter des habitudes élitistes ». Quoi de plus logique, après tout, dans un pays où l'actuel président dit ne jamais lire de roman (si son prédécesseur avouait ne pas aimer La Princesse de Clèves, lui ne voit même pas de quoi il s'agit), où son ex, en pleine rentrée dernière, fit le tabac que l'on sait avec des pages aussi gluantes d'amour de soi que de fautes de grammaire - où, en bref, le « camp du progrès », autrefois si féru de culture, se veut « de son temps », c'est-à-dire digital (la littérature, cette activité d'antiquaire).

Or les écrivains n'ont peut-être jamais eu autant d'influence qu'aujourd'hui. Que serait notamment l'actuelle révolution réactionn ...

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« Je reste roi de mes chagrins », Philippe Forest, éd. Gallimard