Robert Walser, flâneur de presse

Robert Walser, flâneur de presse

Par ses textes, le silence de son internement, sa mort même, l'écrivain suisse incarne l'effacement de soi. On peine à l'imaginer s'exposant dans la presse : il y fut pourtant chroniqueur de 1907 à 1933. Pas d'éditoriaux, peu d'actualité, mais l'utopie d'un journalisme ténu et volatil.

« Je souhaite donc ne pas retenir l'attention. Si on devait quand même me prêter attention, je ne ferais de mon côté aucune attention à ceux qui me prêtent attention. » Le voeu que Robert Walser (1878-1956) exprime en premier lieu quand il parle ainsi de lui-même fut largement exaucé, car, si le nom de l'écrivain suisse de langue allemande sert de sésame aux membres d'une mince confrérie qui compte un certain nombre de littérateurs, et non des moindres - citons Kafka, Musil, Zweig, Benjamin et, plus proche de nous, Sebald -, force est de constater que son lectorat n'a jamais été très fourni.

Originaire de Bienne, dans le canton de Berne, Robert Walser mène une existence qui semble très tôt aimantée par la nécessité d'écrire, étroitement liée à celle d'arpenter le monde. Ne restant jamais longtemps dans les emplois modestes qu'il occupe, il n'a de cesse de les quitter pour se livrer à la seule occupation qui vaille, l'écriture, même si, de son propre aveu, « écrire sans cesse ...

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