Voltaire, rival des monarques

Voltaire, rival des monarques

S'il n'est pas parvenu à infléchir la politique des princes qu'il conseillait, le père de Candide a su se constituer une fortune, un réseau et un espace géographique propres à lancer dans l'Europe entière les fusées de sa pensée et ses modèles de contre-pouvoir.

Le rapport de Voltaire (1694-1778) au pouvoir est caractérisé par l'ambivalence et l'ambiguïté, certainement pas par l'indifférence. Élevé par les jésuites au collège de Clermont, actuel lycée Louis-le-Grand, Arouet, jeune bourgeois parisien, y fréquente la classe dirigeante de son temps, l'aristocratie dont il maîtrise à merveille les codes. Nombre de ses condisciples, tels les frères d'Argenson, dont l'un sera ministre de la Guerre de 1743 à 1757, l'autre ministre des Affaires étrangères de 1744 à 1747, gouverneront la France. Voltaire n'aura de cesse de cultiver ces amitiés aussi brillantes qu'utiles et saura, le moment venu, obtenir de Louis XV des honneurs comme, en 1745, la charge d'historiographe du roi.

L'épisode le plus célèbre de ses rapports avec le pouvoir politique se situe hors de France, où son irrévérence agace un souverain volage mais pieux : c'est le moment où, après des années d'échanges épistolaires aussi exaltés qu'intéressés, il est nommé à Potsdam, à l ...

Pour lire l’intégralité de cet article
EN REGARDANT LA PUBLICITÉ D'UNE MARQUE

Entretien

Photo : Frantz Olivié © DR

Frantz Olivié :
« La financiarisation du livre est en train de produire une culture d'aéroport inepte »

Nos livres

À lire : Poésie, etc., Guy Debord, éd. L'Échappée, « La Librairie de Guy Debord », 528 p., 24 E.

Supplément web

Chaque numéro du Nouveau Magazine littéraire est complété d'articles en accès libre à lire sur ce site internet. 

MAI :

► Roberto Bolaño, et de deux : en complément de l'ensemble « Il faut relire » consacré à l'écrivain

► Entretien avec Jacopo Rasmi : avec Yves Citton, il signe l'essai Générations collapsonautes