Rien souverain

Rien souverain

Rien. Ne vous y trompez pas, sous l'extrême modestie de ce titre d'Emmanuel Venet se cache une manière de chef-d'oeuvre.

Et puis, comme disait Raymond Devos : « Rien, c'est rien. Deux fois rien, ce n'est pas grand-chose. Mais trois fois rien ? Trois fois rien, on peut acheter quelque chose pour trois fois rien. » Et puisque dans ce livre brillent mille petits riens, mille éclats d'orfèvrerie d'écriture, on comprend vite que ce Rien vaut bien plus qu'il ne coûte.

Le narrateur ne se nomme pas, sa femme s'appelle Agnès, c'est le vingtième anniversaire de leur rencontre, mariés, peut-être, des enfants, probablement, vingt années à apprendre à si mal se connaître. Il invite sa femme à fêter ça, de son mieux, au Negresco, à Nice, chambre n° 13. Ils se trouvent vaguement, le coeur n'y est pas, et le corps bien peu: «Agnès répondait à mon désir prudent par un consentement sans ardeur...» On allume une cigarette et Agnès prononce les quatre premiers mots du livre : «À quoi penses-tu?»

Mais on n'est pas dans un téléfilm, la chambre 13 n'existe plus, il faudra se contenter de la 214, qui n ...

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À lire : Révolution aux confins, Annette Hug, traduit de l'allemand Suisse par Camille Luscher, éd. Zoé