« L'entreprise de M. Albert Camus manque complètement son but »

« L'entreprise de M. Albert Camus manque complètement son but »

À sa parution en 1952, L'Étranger d'Albert Camus ne fait pas l'unanimité, comme le montre cette critique d'André Rousseaux parue dans Le Figaro à l'époque. Nous vous la présentons en partenariat avec Retronews, le site de presse de la Bnf.

« Dans une France dont la poésie révèle les forces et les espérances, le roman paraît avoir le triste privilège de se réserver le passif spirituel et le déchet moral. Rien de plus caractéristiques, à cet égard, et de plus navrant que L'Étranger de M. Albert Camus. » Voilà le regard sévère que porte l'écrivain et critique littéraire André Rousseau sur le premier roman de Camus dans les colonnes du Figaro. Le personnage de Meursault ne lui apparait pas seulement apathique ou déconnecté des mœurs sociales de son époque, mais entièrement dénué d'humanité : « Il nous propose, à vrai dire, un phénomène d'inhumanité, ou, si l'on peut inventer ce mot, de déshumanité. C'est loin d'être un mérite particulier. » Il reconnaît malgré tout une prose remarquable chez le jeune écrivain, « une simplicité qui semble faite pour s'ouvrir toute droite sur des vérités inexorables ».

Retrouvez l'intégralité de cette archive ci-dessous et sur Retronews.

 

À lire notre dossier : « Camus, l'extralucide » (publié dans le mensuel N°24 - décembre 2019)

Disparu voilà soixante ans, Albert Camus nous parle encore au présent. Ses romans sont toujours lus, ses pièces toujours jouées, et sa pensée, toute de mesure et de révolte, paraît taillée pour nos temps troublés. Quelle splendide revanche pour cet auteur qui, de son vivant, fut conspué par des gens qui affectaient de ne pas le comprendre ! Aujourd'hui, Camus n'est plus un objet de débat, il est une boussole. Pour les aspirants journalistes, qui étudient ses articles. Pour les écrivains, qui lisent dans sa prose l'union de la maîtrise et de la poésie. Pour les intellectuels de gauche et de droite. Et pour tous ceux qui cherchent à vivre justement dans un monde absurde et injuste.

 

Photo : Une du Figaro Littéraire © DR

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