Restituer le parfum du santal

Restituer le parfum du santal

Traduire en français l'écriture de Mo Yan pose bien des difficultés : le roman Le Supplice du santal en est un cas d'école.

J'avais parcouru rapidement Le Supplice du santal avant d'entreprendre sa traduction ; je redoutais le réalisme barbare de certains passages, fort longs par ailleurs, mais je pensais que les problèmes techniques inhérents à l'écriture me permettraient de passer outre. Ce ne fut pas le cas, le temps de la traduction était tellement plus lent que celui de la lecture, il semblait même suspendu à cette barbarie. Le temps de la lecture ne permet pas non plus au traducteur de mesurer l'importance des écueils qu'il devra surmonter. Pour ce roman, ils étaient particulièrement nombreux.

Et d'abord le rythme. Ou plutôt les rythmes, ceux des voix et des bruits qui tissent le récit (« Ce que j'avais écrit là était des voix et des bruits », dit Mo Yan dans la postface). Cinq personnages principaux, cinq voix dont il fallait restituer la tessiture et la charge émotionnelle. Autant de rythmes faisant avancer celui du récit lui-même : ainsi, les quatre premiers chapitres, correspo ...

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Entretien

Photo : Frantz Olivié © DR

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