Rabelais : UN FESTIN EN DEUX SERVICES

Rabelais : UN FESTIN EN DEUX SERVICES

Les aventures de Gargantua et de Pantagruel reparaissent dans une édition « bilingue », proposant en vis-à-vis le texte original en ancien français et une version modernisée. L'occasion de redoubler son plaisir et de dépasser de nombreux clichés qui ont la peau dure.

Puisqu'il est question ici de Rabelais, et donc de bagarres, de scènes de ménage, de disputes, de guerre, de joutes et autres procès, commençons par une querelle moderne concernant les classiques : faut-il actualiser l'ancien français ou le livrer tel quel aux lecteurs d'aujourd'hui ? À peine déclarée, la guerre est déjà vive parce que même le terme de « moderniser » n'a pas l'heur de plaire à tout le monde. Marie-Madeleine Fragonard, qui propose chez « Quarto » (Gallimard) une remarquable édition des Cinq Livres de Rabelais, parle successivement de « traduction », de « translation », de « toilettage orthographique » ou « lexical », de « modernisation syntaxique ». Sur cette question, de Mireille Huchon (à qui nous devons le très beau volume de La Pléiade) à François Bon, grand amateur et connaisseur de Rabelais, les avis contraires sont nombreux et autorisés. Quant à moi, je suis bien embêté pour trancher. Si je prêche pour la modernisation, je passe pour inculte ou paress ...

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« Je reste roi de mes chagrins », Philippe Forest, éd. Gallimard