Réminiscence service

Réminiscence service

Le maître de l'espionnage, qui a les honneurs d'un « Cahier de L'Herne », publie un excellent nouveau roman. Il y soumet les agissements des services secrets d'hier - et ses romans passés - au jugement du présent.

Soyons clair : John le Carré méritait le Nobel autant qu'Ishiguro. Quel autre auteur peut se vanter d'avoir saisi dans son oeuvre la trame géopolitique complète de la seconde moitié du siècle dernier et du premier quart de celui-ci ? Mais, comme son maître Graham Greene, le Carré a commis un crime capital : celui d'apparaître comme un auteur de genre.

Contrairement à la figure géométrique dont il a tiré son nom d'auteur, le Britannique ne se décrit pas facilement : tant de facettes et combien d'angles morts ! Est-il cet espion qui écrivait - comme l'ont vendu ses premiers éditeurs ? Ou au contraire, ce grand écrivain qui a passé « un certain nombre d'années très formatrices » dans l'espionnage, dont il a tiré, ainsi qu'il le décrit lui-même, un monde selon « un processus à la Tolkien, sauf qu'aucun de [ses] personnages n'a de poils entre les orteils ? Est-il ce Tolstoï de la guerre froide, dont l'inspiration serait partie en morceaux avec le mur de Berlin - comme le pense l'é ...

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