Régis Jauffret, Microfictions

Régis Jauffret, Microfictions

Depuis Clémence Picot, Régis Jauffret arpente les territoires de l'aliénation et de la haine ordinaires. Dans Microfictions (cinq cents récits d'une page et demie), il libère les désirs secrets d'une légion de déséquilibrés latents, tortionnaires, instituteurs alcooliques, nantis méprisants, flics sadiques, pédophiles, violeurs ou terroristes. Certains se châtrent et cherchent leur sexe à quatre pattes, des femmes se mutilent pour échapper à leur mari, des enfants, humiliés de leur devoir la vie, suppriment leurs géniteurs : une procession de fantômes nuisibles et lucides, indifférents à la souffrance qu'ils causent, murés dans la déréliction. Chaque « voix » égrène la litanie de ses crimes, construit sa propre cohérence, se justifie. Qui est coupable si « la vie est un tableau fané, une chambre d'hôtel de passe usée, un cri de fou », et si l'amour n'est que le nom de « rencontres tirées du néant pour assurer la pérennité du rien » ? Jauffret n'invite pas le lecteu ...

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Entretien

Photo : Frantz Olivié © DR

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