Qu'en faire ? Rien

Qu'en faire ? Rien

Les anti-heideggériens, contaminés par les mêmes tics que les antisémites, généralisent des remarques sporadiques et voient le nazisme partout chez le « berger de l'Être ». Ainsi, ils ratent ce qui fait le prix de sa pensée, car nul n'a mieux saisi le nihilisme dans lequel nous baignons.

« Cela n'a aucune importance. »

Pablo Picasso, à une dame qui lui avouait ne rien comprendre à sa peinture

Que faire de Heidegger ? La réponse qui vient naturellement à l'esprit est : rien. « Être un homme utile m'a paru toujours quelque chose de bien hideux », écrit Baudelaire. Seuls les tyrans, les idéologues et les imposteurs du prêt-à-penser apprécient les philosophes comme ingénieurs de leurs cités idéales... lesquelles se révèlent toujours cauchemardesques en pratique. Et le cauchemar, en 2017, n'est plus l'apanage d'un bloc géopolitique ou d'un régime criminel isolé. Copulant avec le Divertissement, le Délire s'est emparé du globe qu'il vandalise jour et nuit sous nos yeux effarés. Du génocide des yézidis à l'élection de Trump en passant par la fonte de la banquise, ce cauchemar protéiforme porte un nom énigmatique : « nihilisme ». Or l'inutile penseur qui en a le plus profondément décrit les tenants et les aboutissa ...

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« Je reste roi de mes chagrins », Philippe Forest, éd. Gallimard